Brésil: L’avion De Chasse Gripen NG Suédois Dame Le Pion Au Rafale Français

Le Brésil a mis fin mercredi à plus de dix ans de négociations et de reports en choisissant l’avion de chasse Gripen NG du Suédois Saab aux dépens du Rafale de Dassault-aviation et du F/A-18 Super Hornet de l’américain Boeing, pour un contrat de 4,5 milliards de dollars.

« Après avoir analysé tous les faits, la présidente Dilma Rousseff m’a chargé d’informer que le vainqueur (…) était l’avion suédois Gripen NG », a déclaré Celso Amorim, ministre brésilien de la Défense, au cours d’une conférence de presse donnée peu après la révélation de l’information par les médias locaux.

Le ministre a précisé que le choix de l’avion de quatrième génération destiné à remplacer les Mirage 2000 français qui devraient être mis très prochainement au rebut « était fondé sur l’équilibre entre trois points : le transfert de technologie, le prix de l’avion et le coût de son entretien ».

La négociation point par point du contrat entre l’armée de l’Air brésilienne (FAB) et la Saab prendra du temps, « de 10 à 12 mois » et le premier appareil devrait être livré au Brésil en 2018, a précisé M. Amorim.

La signature du contrat est prévue à la fin de l’année prochaine, a souligné de son côté le commandant de l’Armée de l’air, Juniti Saito.

L’avionneur brésilien Embraer « tirera de grands bénéfices de cette décision », a ajouté le militaire.

L’avion de combat français de Dassault-aviation était en compétition avec le F/A-18 Super Hornet de l’américain Boeing et le Gripen NG pour cet appel d’offres lancé il y a plus de dix ans et émaillé de plusieurs reports, notamment en raison de coupes budgétaires.

La présidente brésilienne a ainsi opté pour l’avion considéré par les experts comme le moins cher. Selon la presse locale, il avait également la préférence des militaires brésiliens.

Le choix du Gripen NG a toutefois créé la surprise car les analystes tablaient plutôt sur un duel Dassault-Boeing.

L’une des principales exigences du contrat était un transfert de technologie total afin de pouvoir à terme fabriquer ces avions au Brésil et y développer l’industrie de la défense. Ce point semblait favoriser le Rafale, mais l’avion français « était le plus cher des trois », a concédé à l’AFP une source proche de Dassault aviation.

Le ministre de la Défense a souligné que Saab avait assuré un transfert total de technologie.

« Dans l’armée de l’Air, le Gripen a toujours été considéré comme favori parce que même s’il a des pièces détachées américaines c’est un projet qui sera développé conjointement avec le Brésil », a expliqué à l’AFP l’expert Nelson During, directeur du portail spécialisé dans les affaires de défense Defesanet.

« Nous sommes de fait un pays pacifique, mais nous ne resterons pas sans défense. C’est là l’importance de tout ce processus d’industrialisation et de défense. Nous devons avancer, il est important d’avoir conscience qu’un pays aux dimensions du Brésil doit être prêt à protéger ses citoyens, son patrimoine, sa souveraineté (…) Nous devons être prêts à faire face à toute menace », a affirmé Mme Rousseff sur le blog du Planlato (siège de la Présidence) mercredi soir.

L’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) était favorable au Rafale, mais il avait finalement laissé la décision à son successeur, la présidente Dilma Rousseff. Sous Lula, le Brésil avait acquis des hélicoptères et des sous-marins français.

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